Momento Espírita
Curitiba, 28 de Agosto de 2026
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ícone Dans le silence de la nuit

On dit que notre cœur est un véritable mât. L'âme est la boussole qui pointe invariablement, vers la terre où le premier souffle de vie nous a bercés.

Que se passe-t-il lorsque le destin, dans ses méandres parfois incompréhensibles nous éloigne de ce port ? Que ressent celui qui, aimant les entrailles de sa terre, se voit obligé de contempler des étoiles étrangères ?

Pour le patriote, pour celui qui porte dans ses veines la terre de sa ville et dans son regard les nuances de son horizon, être en exil, c'est vivre dans un crépuscule éternel.

C'est arpenter des rues qui ne connaissent pas son nom et entendre une langue qui, bien que belle, n'aura jamais la mélodie de berceuse maternelle.

L'exilé est un être brisé. Il n'appartient pas entièrement à la terre qui l'accueille, car ses racines réclament une autre sève. Et il n'appartient plus physiquement au sol bien-aimé de sa patrie, devenant en lui une photographie qui se décolore au mur de la nostalgie.

Être exilé, c'est ressentir le froid d'un hiver qui n'est pas le sien, en cherchant la chaleur d'un soleil qui brille de l'autre côté de l'océan.

La douleur du patriote exilé ressemble à celle de l'oiseau qui dans une cage d'or, refuse de chanter, car la beauté du palais ne remplace pas la fraîcheur de la forêt.

Cependant, si la patrie est le berceau des premières leçons, l'amour pour elle est un lien que les eaux d'aucun océan ne peuvent dissoudre.

Le véritable patriote porte sa terre en lui. Il la reconstruit à chaque pensée, à chaque prière, à chaque larme versée en silence.

Il plante les fleurs de son jardin lointain dans les pots de sa nouvelle demeure. Il raconte les histoires de son peuple pour que le vent les ramène à leur foyer natal.

Il comprend, avec la maturité qui confère la douleur, qu'aucun homme n'est un étranger dans l'Univers de Dieu, mais que le cœur aura toujours une adresse sacrée, un point de lumière qui l'appelle par son nom.

Cependant, bien que le corps souffre de la privation du sol maternel, l'Esprit, tout libre, fait la traversée chaque nuit, en rêves, pour se reposer à l'ombre de ses manguiers, de ces pins ou de ces palmiers où la vie a un jour souri pleinement et absolument.

C'est pourquoi le poète a pleuré en vers :

 

Notre ciel a plus d'étoiles,

Nos plaines ont plus de fleurs,

Nos bois ont plus de vie,

Notre vie a plus d'amours

 

*

Nous sommes tous, temporairement exilés sur Terre, issus d'un monde qui est notre début et notre fin.

Le monde spirituel est le véritable monde, normal, primitif et préexistant au monde corporel. C´est notre patrie originelle, où nous existions avant la vie matérielle.

C'est pourquoi, bien souvent, la mélancolie nous envahit sans que nous puissions en comprendre la cause. Nous avons la nostalgie de l'endroit où nous étions, d'où nous sommes partis pour entrer dans la chair.

Nous avons la nostalgie des amours qui n'ont pas pu nous accompagner. C'est précisément pour cette raison que la bonté divine nous permet, chaque nuit de sommeil, de nous détacher de notre corps et de voyager là où nous étions auparavant, en revivant des moments de bonheur et en embrassant nos amours.

Quelques instants, chaque nuit, pour nourrir notre cœur des souvenirs de délicates retrouvailles.

Dieu n'est-Il pas vraiment extraordinaire ?

Rédaction du Moment Spirite d'après les
 questions 84 et 85 de
Le Livre des Esprits,
 d'Allan Kardec, ted. FEB.
Le 26.8.2026

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